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Dans le cadre du Mois de l’histoire des noirs, un atelier intitulé “Bien dans ma peau »

Dans le cadre du Mois de l’histoire des noirs, l’intervenant sociocommunautaire Riguerre Antoine a proposé aux jeunes un atelier sur les problématiques de blanchiment de la peau, du défrisage chimique des cheveux, ainsi que des enjeux identitaires qui y sont liés.

Donné par Anathalie Jean Charles, conférencière de l’organisme Le Remedy, l’atelier était offert aux jeunes des deux cycles lors de l’heure du dîner et ce sont plus de 65 élèves qui y ont assisté. « Dans l’histoire, le blanchiment de la peau est relié aux coutumes de l’Europe où la bourgeoisie, pour se différencier des gens qui travaillaient à l’extérieur, valorisait la peau très blanche. À partir de la période de colonisation, cette mentalité s’est répandue dans le monde. Selon cette pensée, plus tu es blanc, plus tu fais partie de la haute classe. Les noirs ont fini par comprendre que pour avoir du succès ou pour réussir, c’était plus facile de se faire intégrer avec la peau plus pâle », raconte Riguerre Antoine. C’est donc cette fausse perception, reprise à travers l’histoire qui a poussé des entreprises à mettre au point différents produits pour se blanchir la peau et pour pouvoir se défriser les cheveux.

Des conséquences parfois irréversibles

Malheureusement, l’emploi de ces produits a des conséquences parfois irréversibles, notamment des problèmes physiques comme le cancer, le diabète, des brûlures, etc. La mélanine, substance contenue dans la peau qui a pour fonction de protéger la peau, est aussi la substance qui rend la peau plus foncée. « Tu auras beau mettre le produit que tu veux, au soleil, la mélanine rendra toujours inévitablement la peau plus foncée, puisqu’elle joue son rôle de barrière de protection », explique Riguerre Antoine.

L’intervenant sociocommunautaire insiste sur l’importance pour les jeunes de s’accepter tels qu’ils sont. « Il faut prendre conscience de l’histoire derrière cette volonté de blanchir sa peau. Il faut se rappeler que ceux qui ont le plus souffert à travers cette mode sont ceux qui ont la peau foncée. Peu importe la couleur de notre peau, il faut être bien dans sa peau et dans sa tête », de conclure M. Antoine.

L’atelier de Mme Jean Charles s’est terminé sur une citation très à propos de Steven Aitchison : « Ce n’est pas la couleur de notre peau qui nous rend différent, c’est la couleur de nos pensées »

Quelques sites intéressants

Un reportage de la BBC sur le lien entre le blanchiment de la peau et l’estime de soi

Le blanchiment de l'apparence : enjeux identitaires et pratiques corporelles dans un contexte contemporain. Étude chez des femmes d'origine haïtienne de Montréal. Un mémoire de Lilianne Bordeleau

Le blanchiment de la peau, ce fléau de la société (blogue Ton petit look)